Traduit du néerlandais (Pays-Bas) par Emmanuel Requette.
ISBN 9782960199482. 100 pages. 16€. Octobre 2019.







ACEDIA

ERIK LINDNER

Dans Acedia, chaque poème est né d’une image. Tout y est clair, précis, limpide. Le poème, en mots toujours simples, décrit bien ce sur quoi un regard s’est posé. Lecture après lecture cependant quelque chose en émerge qui diffère de la seule image décrite. Comme si, à la circonscrire toujours mieux et plus profondément, les mots étaient parvenus à extirper de l’image originelle quelque chose qui en débordait. Comme s’il s’agissait toujours, en disant plus précisément, de dire autre chose. À laquelle l’idée de bonheur n’est sans doute pas étrangère.

 

nous sommes témoins sur le seuil

personne n’entre

et quand même toujours de quelque part quelque chose vient.

 

« Dans l’un de ses tout derniers écrits, Sur le concept d’histoire, Benjamin emploie le terme acedia. Il l’emploie pour indiquer la paresse du cœur quand l’historiographe, désespérant de saisir une période antérieure, cherche à oublier tout ce qu’il « sait du cours ultérieur de l’histoire ». Il compare l’acédie au vacillement de la flamme d’une chandelle qui empêche qu’on ait devant les yeux l’image réelle. Naturellement le philosophe oppose à cela d’autres méthodes pour écrire l’histoire – les artefacts, la tradition. Mais le vacillement de cette flamme, je le reconnais dans la quête d’une image qui persiste en poésie, d’une observation fidèle, ou d’une image qui jouerait le rôle d’un déclencheur. »

                                                                                                                                                        Erik Lindner

 



Erik Lindner est né en 1968 à La Haye. Il est l’auteur de six recueils de poésie et d’un roman. Ses poèmes sont traduits en chinois, en anglais, en allemand, en macédonien ou en espagnol.